Henrik Stille, Lead Portfolio Manager de la stratégie Active Rates Opportunities de Nordea
Pour les investisseurs, l’époque où les liquidités et les obligations de haute qualité offraient une navigation paisible est révolue. La volatilité des obligations d’État, la diminution des rendements réels des liquidités et l’incertitude croissante redessinent le paysage des portefeuilles obligataires. Le défi est clair : comment investir efficacement ses liquidités sans s’exposer aux risques classiques de taux d’intérêt ou de crédit ?
Quand les valeurs refuges ne sont plus à l’abri
Ces dernières années ont profondément remis en question les hypothèses longtemps admises par les investisseurs obligataires. Les tensions géopolitiques, les pressions budgétaires, les fluctuations inattendues des taux et l’incertitude politique ont rendu les marchés obligataires beaucoup plus complexes. Même les portefeuilles traditionnels d’obligations d’État de haute qualité restent exposés au risque de taux d’intérêt, susceptible d’entraîner des pertes considérables en cas de forte hausse des taux.
Parallèlement, d’importants capitaux demeurent immobilisés en liquidités et en dépôts à terme en Europe. Si cela peut sembler rassurant, les rendements réels sont de plus en plus sous pression. Avant même les récents événements au Moyen-Orient, l’inflation – malgré une stabilisation proche des objectifs des banques centrales – continuait d’éroder le pouvoir d’achat, un risque qui pourrait s’intensifier dans un contexte de nouvelles pressions inflationnistes.
Les investisseurs sont donc aujourd’hui confrontés à un dilemme : les obligations d’État traditionnelles n’offrent plus une stabilité incontestable, tandis que la détention de liquidités engendre un coût d’opportunité croissant. Il est nécessaire de proposer des alternatives alliant prévisibilité et potentiel de rendement, sans compromis sur la qualité.
La qualité et la gestion active sont essentielles
Les obligations d’État n’offrent qu’une solution partielle, comme l’ont démontré les événements de 2022, lorsque la forte hausse des taux d’intérêt a entraîné des pertes importantes pour de nombreux portefeuilles obligataires traditionnels. Parallèlement, se tourner vers des segments à rendement plus élevé, tels que les obligations à haut rendement, comporte des risques de crédit et de spread nettement plus importants.
Les segments de haute qualité, comme les obligations sécurisées, sont donc particulièrement intéressants. Ce marché n’a connu aucun défaut de paiement depuis plus de 200 ans, et les obligations sécurisées offrent souvent de meilleurs rendements pour une qualité de crédit similaire. Cependant, investir dans le bon segment ne constitue qu’une partie de l’équation.
Les marchés des taux d’intérêt sont structurellement moins prévisibles qu’auparavant. Les phases de hausse des taux peuvent brusquement laisser place à des phases de stagnation ou de baisse. Un positionnement à duration fixe comporte donc un risque important. En conservant une duration faible et une position neutre par rapport au marché, les portefeuilles peuvent s’adapter à l’évolution des régimes de taux et viser à générer de l’alpha. Historiquement, cette approche a permis d’obtenir des rendements plus stables dans différents environnements de taux d’intérêt. L’expérience de 2022 a été particulièrement marquante : alors que de nombreux indices obligataires d’État traditionnels ont fortement chuté, les stratégies de gestion active axées sur la qualité ont su faire preuve de résilience.
La faible corrélation avec les indices de référence obligataires d’État et d’entreprises traditionnels renforce encore les avantages de diversification de cette approche, en jouant un rôle stabilisateur aux côtés des actions, des obligations à long terme ou des investissements fortement exposés au crédit.
De la réserve de liquidités à la composante stratégique
Dans un marché où la notion traditionnelle de « sécurité » est redéfinie, la gestion de trésorerie exige une approche plus proactive. La trésorerie ne peut plus être considérée comme un placement passif sans conséquence.
C’est précisément là que la stratégie Active Rates Opportunities de Nordea prend tout son sens. Conçue comme un outil de dynamisation de la trésorerie, elle permet aux excédents de liquidités de devenir des composantes productives du portefeuille plutôt que de simples réserves inactives. Sa sensibilité à duration neutre et son approche axée sur la maîtrise des risques, appliquées aux segments les plus sûrs du marché obligataire (obligations garanties et obligations d’État de haute qualité), visent à générer des rendements ajustés au risque attractifs et constants, tout en préservant une liquidité élevée – des qualités particulièrement pertinentes pour les conseillers et les gestionnaires de portefeuille.1
Pour les conseillers qui recherchent des solutions pour déployer leur trésorerie, gérer la volatilité et maintenir des standards de qualité élevés, cette stratégie pourrait constituer une alternative innovante et fiable, quel que soit l’environnement des taux d’intérêt.